À l'écoute de Radio Sud Besançon

Sommaire

Besançon, la ville, ses quartiers et ses habitants offrent différents tableaux de la vie locale et forment un espace urbain aux multiples facettes. La ville est ainsi vue, regardée, étudiée. Elle peut aussi bien être écoutée.

C'est ce que propose Marie-Pierre Gibert : « une escapade dans le domaine sonore »(2) de Besançon à travers l'examen de Radio Sud Besançon, une radio locale, forme de microsociété au sein de la ville. Par son histoire, ses acteurs et ses fonctions, c'est un premier pas dans l'univers sonore de la radio qui nous est alors offert de partager.

 

I.  Une création et un parcours

Radio Sud Besançon naît en 1983 d'un groupe d'amis Algériens et Français soucieux de promouvoir une meilleure image de leur lieu de résidence, la cité de l'Escale. La radio est alors une des nombreuses activités proposées par l'Association Culturelle et Sportive de l'Escale: A.S.C.E.. Comme l'explique l'un de ses fondateurs, M. Hakkar, les buts de la radio s'expriment par la volonté de « resserrer les liens franco-maghrébins, en faisant découvrir le Maghreb et les traditions de ses habitants aux Français »(3) et favoriser, pour les Maghrébins, « une meilleure intégration dans la société française en leur donnant les moyens de mieux la comprendre »(4). Radio Sud est une radio, une voix de quartier qui permet aux habitants de la cité de s'exprimer. Elle est aussi un moyen de désenclaver le quartier en le rendant audible, donc présent, dans la ville et pour la ville.
Le premier déménagement de la radio s'effectue de l'Escale vers le quartier de Saint Claude et marque une première distance face à la cité et à l'A.S.C.E.. Radio Sud dépose alors ses propres statuts à la préfecture du Doubs et s'ouvre aux multiples influences extérieures en intégrant de nouveaux membres de « différentes communautés, issus de l'immigration ou non »(5).
En 1995, le second déplacement de Radio Sud marque aussi son succès; forte de membres de plus en plus nombreux, la radio déplace ses locaux à Planoise pour plus d'espace et y restera jusqu'en 2007. La radio, affranchie des distances, s'installe dans une ancienne station-service remise à neuf, à la périphérique de Planoise.

 

(1) Titre du travail de Marie-Pierre Gibert dans l'ouvrage Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, Anne Raulin (dir.), L'Harmattan, Collection Dossiers Sciences Humaines et Sociales, Paris, 1999, p. 159 à 173.

(2) Marie-Pierre Gibert, « à l'écoute de Radio Sud Besançon », Quand Besançon se donne à lire. Essais d'anthropologie urbaine, Anne Raulin (dir.), p. 159.

(3) Selon l'interview de M. Hakkar, directeur des programmes, (mars 1997), cité par Marie-Pierre Gibert, « à l'écoute de Radio Sud Besançon », op. cit., p. 159.

(4) Idem.

(5) Marie-Pierre Gibert, « à l'écoute de Radio Sud Besançon », op. cit., p. 160.

 

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