Une certaine idée de la France

Sommaire

« Quand j’étais enfant, dans mon village au Congo, j’ai su que plusieurs de mes grands-oncles avaient fait la guerre en France, la grande, celle de 14-18, puis celle de 40 et d’Indochine.

L’un d’eux était revenu amputé d’une jambe au cours de l’une de ces campagnes militaires. Le 14 juillet, même après l’indépendance, on hissait le drapeau français et celui du pays. Ils arboraient toutes leurs décorations. C’est à ces braves combattants de la liberté que je dois une certaine idée de la France. 
Malgré ce don précieux fait à la France, dans les pires moments de son histoire, nous demeurons les enfants du désamour. Nous sommes les enfants de ce viol que l’on appelle complaisamment colonisation. Ce n’est pas parce-que nous sommes nés d’un viol qu’on doit être mal-aimés. 
La France a mal à son triptyque : Liberté, Égalité, Fraternité. L’égalité est un vœu pieux et nous avons mal à la fraternité. »

 

Constitution à la main, Jean-Michel m’explique que l’article 6, garantissant l’égalité pour la formation et pour l’emploi n’est pas appliqué, et que l’on n’est pas prêt à mettre des noirs à certains postes, surtout dans la fonction publique.

Partager cette page :