Roms de Planoise : démarche participative des CEMEA

Roms d’Europe et de Planoise, à Besançon - Etude participative

« Nous menons depuis 2 ans un projet d’éducation tout au long de la vie, financé par l’Union Européenne, centré sur la formation des adultes, par rapport aux conditions de vie des Roms et l’implication de ces familles dans la société locale et dans leur vie en général. »



Que veut dire le sigle CEMEA ?
« Ca veut dire Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Actives. Nom d’une association d’éducation populaire basée sur des valeurs humanistes, avec des méthodes de travail centrées sur la personne et ses compétences et non pas sur le formateur, avec un objectif d’auto-formation  dans un but d’émancipation. »


Comment est venu cet intérêt pour les Roms ?
« C’est notre partenaire hongrois, un collectif d’associations d’un quartier pauvre de Budapest, qui nous a alertés sur les conditions de vie des familles Roms, de l’exclusion des enfants et de leur non scolarisation. »


Quelle transposition de ce travail à Besançon ?
« Nous avons fait des visites d’études en Hongrie et rencontré les personnes qui connaissaient bien les familles depuis leur arrivée à Besançon dans les années 2000. Nous avons repéré des similitudes dans leurs difficultés en terme d’exclusion, de racisme et de scolarisation, qui ont les mêmes conséquences, malgré les contextes différents. D’où l’idée d’un travail participatif impliquant les personnes pour trouver des invariants et faire des propositions aux collectivités locales, pour une meilleure formation des travailleurs sociaux, dans une démarche active avec les familles et non dans l’assistanat. »


Pourquoi à Planoise ?
« C’est là que la majorité des familles est installée, parce que les appartements sont grands. C’est important de territorialiser l’action en associant les travailleurs sociaux et la collectivité pour faire des propositions, non pas dans un but communautariste, mais dans une démarche de réflexion et d’actions. ».


Statut des familles
« Quel est le statut des familles Roms , et comment a évolué cette communauté ? »
« Elles ont plusieurs statuts différents, certaines ont des cartes de séjour, d’autres sont en attente, d’autres encore sont demandeurs d’asile, et enfin certaines sont clandestines. Cette communauté est de plus en plus lisible à Planoise, mais pas toujours positivement … Certaines personnes ont réussi à avoir du travail, celles en attente ne voient pas trop de sens à leur vie. »


Un travail de médiation à mettre en place.
« L’idée c’est de repérer les difficultés exprimées par les familles et les habitants afin d’avoir des groupes de réflexion sur les solutions à mettre en place pour apprendre à vivre ensemble, et aussi de former des médiateurs culturels. Des personnes Roms le font déjà de manière informelle, sans reconnaissance ni revenus. »


Nombre de familles connues.
« il y a à peu près 146 familles du Kosovo, d’autres de Macédoine, de Bosnie, de Roumanie, mais globalement, je ne sais pas le nombre exact. On a pris des contacts avec les familles clandestines par interviews avec des garanties, elles nous ont fait confiance. »


Implication de la ville ?
« Nous avons un financement dans le cadre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS), La demande de la ville c’est de permettre une dynamique locale, un travail de réflexion auprès des acteurs locaux du quartier, mais pas un travail de communautarisme. »


La question de l’identité Rom
«Y a-t-il une difficulté à afficher son identité Rom ? »
« Oui, et l’histoire leur  montre qu’il faut attendre de savoir où l’on est tombé avant d’afficher qu’on est Rom, ils se sont fait massacrer pour cela. Ils n’ont pas de pays Rom reconnu. On ne repère pas les gens par leur communauté, mais par leurs difficultés et leurs niveaux sociaux. C’est important pour eux. Ils ne se posent pas la question, ils savent qu’ils sont Roms, mais ils ne le disent pas n'importe où car il peut y avoir des conséquences. »

Roms d’Europe et de Planoise, à Besançon - Etude participative

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  • Les Roms en quelques lignes

    Ce mot remplace depuis quelques années le mot « Tsigane ». Il désigne un groupe humain qui a migré en 4 ou 5 siècles (XI°-XV°) de l’Inde du Nord, sa région d’origine, jusqu’en Europe .