Emploi

Emploi - photo Sarah RITTER

Le XX° siècle restera le siècle de l’immigration en France. Dès les lendemains de la 1° guerre jusqu’à l’apogée dans les années 1950/70 : la Reconstruction, les  "Trente glorieuses", se font par appel à la  main d’oeuvre étrangère. Besançon n’y échappe pas, sans être la reproduction exacte de ce qui se passe au niveau national - ni même au niveau franc comtois, la région de Montbéliard a sa propre histoire.

1945/1970
Besançon prend un essor exceptionnellement fort et rapide : 63 508 habitants en 1946, 113 000 en 1968 : boom dans l’industrie alimentaire, textile, horlogère. Le  BTP (Batiment et Travaux Publics) explose pour faire face à la crise du logement et aux besoins d’infrastructures : construction de Palente, Montrapon …  
Alors que les autres  industries bénéficient surtout de l’exode rural, le BTP fait appel à la main d’œuvre étrangère : les maçons sont italiens, portugais, puis maghrébins …  D’après les travaux de Colette Bourlier,  l’entreprise Lhéritier,  une des plus grandes entreprises de construction à Besançon en 1976, totalise 290 salariés dont 94 Français, 63 Portugais, 40 marocains … 10 nationalités au total. Le BTP devient l’employeur n°1 des travailleurs immigrés à Besançon.
Dans un secteur peu mécanisé, c’est, pour les entreprises,  une  force de travail bon marché, docile, acceptant des conditions de travail et de vie déplorables,  gérée à part dans le Code du travail, peu intégrée dans les organisations syndicales plutôt protectionnistes. En plus pour la collectivité c’est une main d’œuvre immédiatement employable, solide, motivée et … célibataire. (On pourrait néanmoins s’interroger sur les effets en terme de productivité dans l’appareil de production.)
La plus grande partie des immigrés s’installe à Besançon, souvent dans les quartiers qu’ils ont construits. Ils font venir leur famille, apprennent la langue…
C'est une époque où l’intégration s’est faite par le travail.

1980 jusqu’à aujourd’hui
Le contexte économique change : crise, mondialisation, élargissement de l’Europe, Besançon n’échappe  pas aux conséquences.
Des secteurs entiers disparaissent, d’autres sous traitent ou se délocalisent : l’horlogerie, le textile ont quasiment disparu, les grands chantiers sont terminés, le BTP s’est  mécanisé. Les travailleurs immigrés sont les premiers touchés par le chômage.
Est - ce à dire que les besoins de main d’œuvre étrangère ont disparu ? Et/ou qu’il n’y a plus d’immigration (hors le regroupement familial et immigration clandestine)?
La demande de main d’œuvre étrangère existe toujours, qualifiée (voir très qualifiée), et non qualifiée, dans des entreprises aussi disparates que l’Hôpital (médecins …),  entreprises à haute technologie (techniciens, ingénieurs), à l’Université (enseignants) ou dans des entreprises de nettoyage (ménage..), restauration …  sans oublier les filières de  prostitution (les filières d’Europe centrale sont importantes sur Besançon).
Les travailleurs étrangers viennent de nouveaux pays : Afrique noire, Asie, Europe centrale …,  légalement, «  main d’œuvre  choisie » avec une autorisation de travail  et / ou  illégale, « les travailleurs clandestins », immigrés de la misère, apportant aux entreprises une flexibilité supplémentaire à la flexibilité réglementée (CDD …).
Combien sont-ils à Besançon ? Dans quelle conditions de vie ? Pour quel devenir ?

Françoise Berçot, ancien professeur d'économie 



Immigration et travail à Besançon (depuis 1945)

Depuis la 1° Guerre mondiale, événement fondateur sur cette question, et jusqu’aux années 70, l’appel à la main d‘oeuvre étrangère a été une constante de l’économie française. Besançon n’échappe pas à la règle.

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Gérard Reboul: la Charte de la diversité

Le CEB est membre de Socoda, un réseau de 160 PME du bâtiment et de l’industrie, qui agit en faveur de la cohésion sociale et de la mixité ethnique.

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Pierre Guglielmetti, tailleur de pierre

Pierre Guglielmetti est le fils de Petrus Guglielmetti, né en 1828 à Rumina en Italie et arrivé en France sous le Second Empire. Garibaldien.

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Installation d'horlogers suisses à Besançon en 1832

L'industrie du Doubs bénéficie de l'apport d'entrepreneurs et de travailleurs étrangers, notamment avec les horlogers suisses.

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Témoignage d’un maçon venu de Turquie en 1974

Un maçon, venu de Turquie, retrace l'ensemble de son itinéraire, depuis le verger d'abricotiers hérité de son père, dans les environs de Malatya, sa ville d'origine, jusqu'à son installation à Besançon.

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Artisan d'art : le parcours du combattant

Je viens de Naples, où j'ai rencontré mon mari qui, lui, est français. Je suis venue en France pour vivre avec lui.
Je suis arrivée à Besançon en janvier 2010, mais j'ai le sentiment d'avoir commencé réellement à y vivre en septembre.

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Photos des Espagnols construisant la Rhodia en 1954

"En 1954, j'avais 14 ans et ces ouvriers, je pensais que c'était des italiens. Mais un ouvrier lyonnais qui était responsable de l'installation de l'électricité m'a dit "ce sont des Espagnols".

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Ouvriers nord-africains en 1950

Les journaux régionaux sont quasiment muets sur les conditions de travail des ouvriers Nord-Africains. Voici une exception.

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Je suis née en 1333 au Kurdistan iranien

Je suis née en 1333 (1954 selon le calendrier grégorien) en Kurdistan Iranien dans une famille nombreuse et assez libre, J'ai 5 sœurs et 3 frères vivants et 4 morts (entre un mois et trois ans).

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Notes sur une insertion professionnelle

Nous étions encore avant 1968, et les enfants d’ouvriers étaient peu nombreux à accéder à l’Enseignement Supérieur.

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Insertion professionnelle ? Pas facile.

Je suis issue d’une famille de 9 enfants de la classe moyenne sénégalaise. Mes parents étaient très instruits, papa travaillait pour une compagnie pétrolière et maman à Air Afrique.

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Accueillir des apprentis

Je suis créatrice de bijoux. Au début, j’ai commencé à faire des bijoux et c’est ce qui m’a sauvée. Puis j’ai voulu créer ma propre boutique de produits africains.

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L'intégration des immigrés par l'économie; enjeux et difficultés

Les raisons qui poussent les hommes à migrer d'un pays à un autre sont bien souvent liées à un rapport économique inégal entre les États, les régions.

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Je voudrais travailler

Il pleut. Je marche vite. L'humidité colle partout. Mes lunettes se brouillent. Je vais chez Nadia.
Elle habite une tour qui est destinée à la démolition.

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« Une babouchka au paradis. »

Il y a onze ans, c’était plutôt l’enfer, celui de la guerre en Tchétchènie* qui a mis Khapta sur les routes.
Cette jeune babouchka, grand-mère en russe, berce son petit fils dans sa boutique de produits russes à Planoise, à l’enseigne RAY MARKET, « marché du paradis », nom donné par son prédécesseur.

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Si tu travailles, demi-tour au Maroc

Madame Z. arrive à Besançon en 1974 pour rejoindre son mari qui travaillait en France depuis 1957. Entretien avec M. et Mme Z et leur fille :

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La vie dure et les rêves doux d’un péruvien

Une histoire de vie d’un homme venu de l’autre bout du monde à Besançon. José, le péruvien-français nous raconte son périple, en espérant que ses mots traverseront les océans et les terres, afin de se poser devant celle qu’il aime : sa fille.

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De la Championne sportive à la femme d’affaires

Je m’appelle Isabelle SOME. J’avais 14 ans, et je vivais ma vie de collégienne à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. C’était un âge d’or car, avec mes trois frères, mes amis, et l’ambiance juvénile de notre naïveté, ... que de bonheur ! J’étais championne nationale du 100 mètres, une gloire locale. Mon père, dans ses activités agro-pastorales, avait des chevaux qu’il louait aux touristes pour des promenades.

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Témoignage de Mr A (vidéo) Contenu vidéo

Mr A lorsqu'il était sans papier a fait beaucoup de bénévolat.

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La cinquantaine et l'accent slave : pas de travail

Je suis d’origine russe. Je suis née en Abkhazie. J’ai la cinquantaine et je suis installée à Besançon depuis 2000.

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Agop Kirbidjian, réfugié arménien, et son fils Georges

« Un jour, en 1934, un crochet lui est rentré dans l’œil. Alors, ils l’ont foutu à la porte. Il n’y avait pas de syndicat et c’était un étranger. »

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