Gérard Reboul: la Charte de la diversité

Le CEB est membre de Socoda, un réseau de 160 PME du bâtiment et de l’industrie, qui agit en faveur de la cohésion sociale et de la mixité ethnique.


Nous avons voulu nous engager dans la Charte de la diversité pour que des jeunes issus de milieux défavorisés puissent accéder durablement à des emplois. Des jeunes et des pas jeunes, car le problème d’intégration ne touche malheureusement pas que les jeunes.
Cela a très bien marché au tout début, lorsque nous travaillions avec l’équipe pilotée par Azouz Begag. Nous avions signé des accords avec l’AFPA nationale pour former des jeunes, et fin 2007, nous avions réalisé l’objectif du contrat que Socoda avait signé avec le ministère d’Azouz Begag.
Nous nous étions donc fixé des objectifs ambitieux mais réalisables, à savoir l’embauche et la formation de 1200 jeunes. Car cela ne suffit pas de signer une charte et de mettre son paraphe au bas d’un parchemin, en se donnant bonne conscience comme lors d’une quête, si ce n’est pas suivi d’effets. Nous avons publié un livre pour expliquer notre démarche, Équité et diversité. Quand on regarde tous les hommes de la même façon, ainsi qu’un CD qui présente de façon attractive le travail de Socoda et de ses adhérents. Cet ouvrage et le DVD sont à destination des médias, de nos employés, de nos cadres, afin de leur expliquer le bien-fondé de l’intégration des jeunes, et donner une chance à ces jeunes issus de l’immigration.
Car ils n’en ont pas, de chance, ils font partie de ces jeunes qui n’ont pas été boostés dans la vie active par un environnement familial qui en avait les moyens. On a affaire à des jeunes qui ont des capacités importantes et intéressantes, qui sont bloqués parce qu’ils sont noirs, jaunes, verts à pois blancs, parce qu’ils ont un nom « imprononçable ». Or, nous en avons besoin, de ces jeunes, parce qu’ils sont motivés, cultivés, professionnels qu’ils feront preuve d’une certaine reconnaissance, et fidélité.
Une reconnaissance aussi dans leur propre milieu social et professionnel. Ainsi, pour récompenser son implication nationale le groupement Socoda, que j’ai eu l’honneur de représenter ce jour-là, a reçu un « Diplôme d’honneur d’Entreprises Citoyennes », pour toutes les entreprises du groupe, remis par Renaud Dutreil, à l’époque ministre des PME. C’était important car cela marquait notre légitimité. Il y avait à l’époque d’Azouz Begag, une équipe animée par Nadia Amiri qui avait beaucoup travaillé à ce projet. Malheureusement ensuite le politique a repris le dessus, l’équipe a été dissoute et nous n’avons plus eu quasiment aucun contact, jusqu’à ce que Renaud Dutreil prenne le relais, qu’il soit remercié du gouvernement et reparte dans ses pénates. Aujourd’hui, nous n’avons quasiment plus personne comme interlocuteur en face de nous à Paris.
L’équipe autour d’Azouz Begag a fait du très bon travail, tant qu’elle a été portée par le politique.
Aujourd’hui n’est plus hier, les projecteurs se sont éteints, plus personne pour guider le navire et le problème n’est plus d’actualité.
C’est désolant. Même au niveau local. On brasse beaucoup d’air… Ici, nous vendons de la ventilation, et nous savons ce que c’est que le brassage d’air….
Nous avons adhéré à la Charte de la diversité dès que Claude Bébéar l’a lancée. À Besançon, il n’y a quasiment que les entreprises publiques qui s’y sont intéressé, peut être poussées à balayer devant leur porte, et trop peu du secteur privé. La crise qui se profile n’arrangera rien.
Mais ça ne suffit pas de signer une charte, il faut la mettre en application à tous les niveaux de l’entreprise. Que tout le monde soit impliqué et y adhère.
Je l’avais dit à la Ville, c’est très bien d’être le moteur de cette action, mais après, qu’allez vous faire ? Les entreprises attendent plus de vous qu’une envolée de colombes.


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