Une vie mouvementée

A. est née en 1951 en Algérie, à Sidi Bel Abbès. Elle a trois frères et six sœurs dont une qui est décédée. Lorsqu’elle était jeune, elle est allée à l’école maternelle Gaston Julia puis à l’école Pasteur, à Sidi Bel Abbès.

L’enseignement y était fait en français jusqu’en 1962, puisque l’Algérie était une colonie française jusqu’à cette date-là ; mais sa langue maternelle est l’arabe. Avant son départ pour la France, A. était institutrice à Sidi Bel Abbès. Elle a dû quitter l’Algérie très jeune pour la France, car son père l’a mariée à un Algérien émigré, et elle a dû suivre son mari. Cela a été atroce pour elle de ne pas avoir connu son mari avant de l’épouser, mais elle n’avait pas le choix.

 

 

Arrivée en France

Lorsqu’elle est arrivée en France, A. ne connaissait personne à part son mari. Elle a fait le voyage seule en avion. Elle est arrivée en France le 24 avril 1974. Elle a tout d’abord habité Valdahon, où elle logeait avec son époux dans une sorte de grenier, une chambre sans aucun confort. Lors de son arrivée, A. parlait parfaitement le français. Elle a trouvé très rapidement du travail (cinq jours seulement après son arrivée) ; mais personne ne l’a aidée, elle s’est débrouillée seule. Elle a remarqué qu’il y avait pas mal de publicité en faveur de l’émigration, dont des bureaux de main d’œuvre qui étaient ouverts dans chaque ville : il suffisait simplement de présenter sa carte d’identité. A. à tout d’abord été horlogère chez  les « Spiraux Français » à Besançon. Elle a travaillé ensuite dans une entreprise de nettoyage puis dans une collectivité (Conseil Régional de Franche-Comté). Elle a en premier lieu habité rue des Granges à Besançon, où le logement était insalubre : « il fallait descendre quatre étages et un long couloir pour aller aux toilettes ». Ensuite, elle a habité aux 408 à la Grette (quartier de Besançon) où là « c’était la vie dans la cité (bruit, voisinage, etc…). Il y avait des voitures cassées et mes filles se faisaient battre ». Et enfin, elle a habité à Pouilley-Français où elle réside encore aujourd’hui et où c’est agréable à vivre.

A. a quatre enfants : deux filles et deux garçons qui sont nés entre 1975 et 1983.

S'intégrer

En arrivant en France, A. se sentait différente des autres habitants. On lui faisait sentir cette différence en lui disant qu’elle était exubérante et donc très différente des Français. Elle n’avait  pas beaucoup de rapports avec les gens de Besançon : elle a fait des rencontres et a commencé à s’intégrer à partir de son premier enfant scolarisé, grâce à son suivi scolaire et au milieu associatif. Pour A., l’école a été un « vecteur ». Elle avait de bonnes relations avec ses collègues de travail, avec ses voisins, et de très bonnes avec les commerçants.

Française d'Algérie, Algérienne, Française....

Elle n’a demandé la nationalité française qu’en 1996. Pour A., la France représentait le pays où elle est née et celui dont elle n’a plus fait partie à l’âge de onze ans. Cela a été une frustration pour elle de ne plus être française et de devoir s’adapter à la vie musulmane (indépendance de l’Algérie à partie de 1962). Pour A., la phrase qui illustre le mieux la France est : « l’amour et la haine ».

Aujourd’hui, A. travaille toujours au Conseil Régional. Elle a une facilité de communication remarquable et fait partie de plusieurs associations comme l’association de parents d’élèves, l’association de familles laïques, les conseils de quartier, l’association de soutien scolaire, etc…

Elle retourne en Algérie seulement pendant les vacances scolaires et estivales pour une durée de deux à quatre semaines.

Centre ville de Sidi Bel Abbès et sa localisation 

Pauline


Professeur organisateur : Alain Gagnieux

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