Une arrivée à Besançon difficile …

Marie-France, Camerounaise, est arrivée début 2009 à Besançon, suite à une séparation difficile d’avec le père de son dernier enfant, devenu violent.

Malgré plusieurs plaintes déposées, elle ne s’est pas sentie protégée, et  a préféré quitter le sud de la France pour refaire une nouvelle vie avec ses 3 enfants.

« Je n’ai pas été entendue, la police n’a pas réagi, j’ai dû tout abandonner pour sauver ma peau. L’auteur des violences, un bon français, n’a jamais été inquiété ! »
Une assistante sociale l’a mise en relation avec l’association « Solidarité Femmes » qui a pu lui trouver un appartement à Besançon. Sa sœur et ses 2 enfants, eux aussi menacés, sont venus également, ainsi que leur mère.

Sa décision a donc été vite prise, elle a fait toutes les démarches pour inscrire ses enfants à l’école, et moins de trois mois plus tard, elle trouve du travail . Après plus de 7 ans passés dans une ville du sud de la France où elle se plaisait beaucoup et où elle a laissé toutes ses attaches, elle a du mal à s’habituer à Besançon où elle n’a pas encore d’amis.

Elle habite un quartier où elle trouve les appartements trop petits.
« Dans ce quartier, les habitants sont regroupés selon leur origine, on est étiquetés.
Les transports en commun sont très chers. Là où je vivais, j’avais des bons de transport en tant que demandeuse d’emploi, et je pouvais plus facilement faire garder mes enfants. ».
Elle a beaucoup de difficultés pour avoir une place en crèche pour pouvoir faire des démarches administratives, pour se rendre à un entretien d’embauche ou simplement pour souffler.
« Pour avoir une place en crèche, il faut avoir un travail. Même quand on a une place, les horaires ne sont pas adaptés. Les familles mono-parentales ne sont pas assez aidées. »
La présence de sa maman en ce moment la soulage beaucoup, mais la vie lui semblait plus facile avant, les services sociaux mieux organisés, surtout pour les enfants.

Une réelle volonté de progresser.

Depuis son arrivée, Marie-France s’est inscrite à une agence d’intérim, car elle aimerait travailler davantage pour faire face à ses dépenses, acheter une voiture par exemple, car elle vient d’obtenir son permis, mais on ne l’a jamais appelée. Elle est embauchée en CDD pour le moment.
En parallèle, elle s’est inscrite à la faculté pour passer le DAEU, équivalence du bac, car elle espère bien reprendre des études et progresser dans sa carrière.
« J’ai toujours travaillé, ou alors je suis à l’école, en formation. »
Elle aimerait aussi obtenir un appartement plus grand.
Marie-France a un grand désir de s’intégrer, de participer à la vie de la ville, de se sentir utile. Elle ne veut pas qu’on lui donne tout, ni être assistée, mais aimerait trouver un peu plus de soutien.
Elle reconnaît qu’à Besançon il y a des offres culturelles intéressantes, ainsi elle fréquente assidûment la médiathèque du quartier avec ses enfants.

Un racisme latent, auquel elle n’était plus habituée.

A plusieurs reprises, elle s’est heurtée à des réflexions qui l’ont étonnée :
-  « vous travaillez où ?
-  A …….
-  Vous faites le ménage ? ».
Elle trouve qu’ici on classe les gens dans des catégories, en fonction de la couleur de leur peau.
« Mais cela me pousse à évoluer, à reprendre mes études pour leur montrer de quoi je suis capable ! »

L’avenir ?

Rien n’est décidé, elle peut repartir si elle trouve un travail plus intéressant ailleurs. Elle aimerait gagner un peu plus d’argent pour pouvoir emmener ses enfants au Cameroun, où ils ne sont jamais allés.

Elle était arrivée en France avant sa majorité, accueillie par des membres de sa famille. Elle a obtenu la nationalité française à la naissance de son deuxième enfant. Marie-France se sent autant Française que Camerounaise. Elle garde beaucoup de liens avec son pays d’origine ; des frères et sœurs, son père y sont toujours, mais une partie de la fratrie est dispersée entre l’Angleterre, la France et le Cameroun.

Si Besançon adopte sa belle énergie, peut-être restera-t-elle ? …

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