Je crois que je me sens de plus en plus Bisontine

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Je crois que je me sens de plus en plus Bisontine.
Par habitude ?
Le temps a sans doute commencé à faire son œuvre !

Bisontine d’adoption depuis quinze ans. Je me surprends à me dire : déjà !
Certains me disaient : c’est tout ! tu viens juste d’arriver en France !
Une question récurrente aussi : « est-ce que tu ne comptes pas un jour retourner chez toi !! »
Ah ! le vieux mythe du retour, comme s’il devait obligatoirement s’inscrire dans tout parcours migratoire. Tout ? non je ne crois pas. Je ne crois pas qu’il vienne à l’idée de quiconque de poser cette question à un Américain ou un Européen.
Paradoxalement ce ne sont pas les « vieux immigrés » qui me posaient la question. Eux, ne se posent pas ou ne se posent plus la question.
Est-ce qu’un jour je me réinstallerai dans mon pays ? NON. Définitivement non. Maintenant, mais aussi dès mon arrivée à Besançon j’ai su que la France est définitivement mon pays. D’ailleurs, quelque part la France a toujours été mon pays. J’ai toujours eu des attaches particulières avec la France, sa culture, sa langue. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours parlé le français. Pour moi c’est aussi ma langue maternelle.
Lorsqu’on me pose cette question du retour, que je finis par trouver indécente, c’est au fonds me dire : tu n’es pas chez toi ici. On s’image que lorsqu’on a quitté l’endroit où l’on est né, où l’on a longtemps vécu, il ne s’agit que d’un changement géographique.
Voulu, ou imposé par les circonstances, l’exil est un atroce déchirement. Je dirai même charnel. On laisse derrière nous tout ce et ceux qu’on a aimés et lentement, insidieusement notre empreinte s’efface et il en faut du temps pour qu’elle s’inscrive dans notre terre d’accueil. Notre pays doit-il être exclusivement et à jamais notre pays natal. N’est-il pas aussi et surtout celui où l’on vit chaque jour, celui où l’on a tissé nos réseaux sociaux et professionnels, celui où l’on s’enracine désormais parce que nos enfants y ont planté les leurs. Notre pays n’est-il pas simplement notre pays de cœur et pas seulement une entité administrative.

 

 

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