Entretien avec un franc-comtois alsacien - G. K., Alsacien, Résistant Comtois

Sommaire

G. K., ALSACIEN, RESISTANT, COMTOIS

 

G.K. à l'âge de 16 ansGK- Je suis né en 1924 à Thann. J'y ai fait mes études jusqu'à la Seconde. A la défaite, à l'été 40, mon père est allé voir des cousins, les Guinier, installés à Dole, pour savoir s'ils acceptaient de me prendre. Il l'a fait en cachette, je ne l'ai même pas su. Et puis en septembre, il me l'a dit. J'ai pris mon vélo, on avait rendez-vous à la gare de Belfort. L'Alsace était déjà annexée par les nazis. Je suis passé sans problème.
A Dole, j'ai fréquenté le collège de l'Arc. J'ai passé mon écrit de bac au centre d'examen de Besançon, au Kursaal.
Et puis, en juin 42, j'ai passé la ligne de démarcation. Mes cousins avaient trouvé un passeur, Maurice Chavaud, à Buffard. J'ai passé la ligne près d' Arc-et-Senans , à Ecleux, à 9 heures du matin, à vélo avec un râteau, avec la fille du passeur, elle aussi avec un vélo et une fourche à la main, jusqu'à l'extrémité d'un bois. Ensuite, la zone libre. J'ai marché jusqu'à Poligny.
J'ai rejoint mon frère Paul à Clermont-Ferrand, où j'ai passé l'oral du bac math élem. Et puis je suis allé à Toulouse, et je me suis inscrit à la Faculté, où il y avait un Institut agricole. Je bénéficiais d'une allocation modeste de réfugié alsacien. .Il y avait trois ans d'études. J'en ai fait deux dans la foulée en 42-44, et puis en 44, je suis parti au maquis, le 6 juin.
Mon maquis était à la limite du Gers et de la Haute-Garonne. C'était plutôt l'Armée Secrète (A.S.) que les FTP. Des officiers d'active ou de réserve nous encadraient. La couleur de mon maquis, c'est que ses membres étaient, en partie, des étudiants alsaciens et des policiers de Strasbourg qui étaient repliés là-bas. Nos officiers étaient en relation avec d'autres du côté de Montauban, et ces maquis sont passés sous l'obédience de Malraux. Ça a donné la brigade Alsace-Lorraine.
G.K. dans la brigade Alsace-LorraineEntre le 3 et le 6 septembre, on nous a réunis, et habillés avec des pantalons et des bandes molletières retrouvés dans des vieux stocks d'une caserne de Montauban. Et puis des GMC (Camion servant au transport des troupes) de l'armée de de Lattre sont venus nous chercher, on a traversé le Massif central pour arriver à Lozanne, du côté de Lyon.
J'ai ensuite cantonné à Sornay. Plus tard, j'ai pu avoir une permission exceptionnelle, et aller voir mon frère, médecin dans l'armée à Besançon, et mes parents à Thann. Mon père couchait encore dans la cave, parce qu'il y avait encore des bombardements. Ma mère était à l'hôpital. C'était en décembre 44, peu après la libération de Strasbourg. On se battait encore dans les Vosges.
J'ai été démobilisé en août 45, à Neustadt, en Allemagne.

Par la suite, Mr K. revint à Toulouse faire sa troisième année d'études agricoles, tenta une expérience de communauté agricole dans le Lot-et-Garonne, se maria en 1949, fut agriculteur 19 ans dans les environs de Besançon, puis travailla dans les milieux associatifs bisontins.

 

Partager cette page :
  • Qu'est-ce que la convention de Schengen

    La Convention de Schengen (du nom du village luxembourgeois où elle a été signée en 1985) a permis la création d'un espace, composé par les territoires des États signataires, à l'intérieur duquel est possible la libre circulation.

  • L'Alsace: chronologie

    Un Alsacien qui a vécu entre 1865 et 1950 est né français. Il est devenu allemand en 1871, redevenu français en 1918, redevenu allemand en 1940. Il redevient français à 80 ans.