« Oran, ma ville retrouvée » - Départ

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Départ

 

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Août 62. Les côtes d'Algérie s’éloignaient, s'apprêtaient  à devenir une image douloureuse dans notre souvenir. Mes grands-parents, mes parents, ma tante sont morts sans avoir revu ce pays qui les hantait. Mais, dans le délire des derniers moments de leur vie, ils ont souvent cru être de nouveau chez eux, à Oran. Sur le cercueil de ma mère, j’ai jeté un peu de la terre d'Algérie qu’elle conservait dans un sac en plastique au fond d'un tiroir. Elle avait fait le même geste d’abord sur le cercueil de ses parents, puis sur celui de mon père.

Janvier 2003. Aéroport d'Oran. L'avion arrive de Marseille. Il va nous ramener à Lyon. Les passagers sortent. On débarque les bagages. Trois cercueils passent devant nous. Eux aussi reviennent dans leur pays natal. Trop tard.
Je repars. J'ai arpenté les rues. Bien-être. Douceur. J'ai retrouvé de multiples traces. D'anciens lieux de vie, de travail, de plaisir, que d'autres continuent à occuper, à faire vivre. Je rapporte trois petites boîtes, pour partager le reste de la terre conservée par ma mère, entre mon frère, ma soeur et moi. Je suis apaisée. L'Algérie n'est plus une terre interdite. Je reviendrai.

 

depart 2003



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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.