« Oran, ma ville retrouvée » - Rue d´arzew

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Rue d'arzew

 

rue d'arzew

Au bout de cette rue, la place des Victoires, où habitaient mes grands-parents. Le premier lieu que j’ai retrouvé à Oran. J’ai marché, le cœur serré. Et j’ai retrouvé l'immeuble. Tel que mes souvenirs l’avaient fixé.

Cette rue souvent envahie par les cortèges bruyants des manifestations des partisans de l’Algérie française, arrosée par les CRS de gaz lacrymogènes qui nous piquaient les yeux au sixième étage, je l’avais vue aussi le 5 juillet 62 depuis le balcon, déserte, inquiétante. Et soudain, j’avais aperçu une voiture noire d’où dépassaient des fusils, pointés en l’air : « Rentrez ! » avaient hurlé des voix menaçantes. Et ensuite, un après-midi d'horreur. Des groupes d’Algériens déchaînés avaient vidé les appartements des habitants, qu’ils poussaient dans des camions, ou exécutaient sur place. Affolés, derrière les volets fermés, nous entendions les claquements des coups de feu, les gémissements de blessés, les appels à l'aide. Mon grand-père et mon père, dans le hall d’entrée, leurs papiers d'identité dans la poche,  s’attendaient aussi à être emmenés.

Et j’ai retrouvé une rue paisible, illuminée, une foule bienveillante. « Soyez les bienvenues », nous disaient souvent les passants qui nous frôlaient.

J’ai essayé de m’imprégner de cette ambiance de fête. Pour que désormais la rue d’Arzew - rue Larbi Ben M’hidi - ne soit plus une image terrifiante dans mes souvenirs.

 

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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.