« Oran, ma ville retrouvée » - Cimetière tamashouet

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Cimetière tamashouet



cimetiere

Les bruits les plus fous avaient couru. Les tombes auraient été profanées, sauvagement. Mes parents ont toujours vécu avec ces images horribles en tête. Fausses.

Je trouve un lieu protégé, surveillé. Un gardien consciencieux m’autorise la visite, et m’ouvre la porte. Les tombes n’ont pas été touchées. Seules les années se sont acharnées sur elles. Calme étrange, sensation d’être hors du temps. Pendant que j’essaie de déchiffrer des noms à demi-effacés, sur des tombes que les mauvaises herbes envahissent, le gardien et un petit garçon passent dans les allées, des outils d'entretien à la main. Ils me proposent de rechercher les tombes de mes arrière-grands-parents. J’écris leurs noms sur un petit bout de papier.  Et puis, je réfléchis, et leur dis que non, ce n’est pas la peine. Il me suffit de savoir qu'ils sont là, dans cet endroit étonnamment préservé, sur cette terre pour laquelle ils avaient quitté l'Espagne, la Lorraine, la Normandie. Leur installation en Algérie était-elle un véritable choix ?

C’est un peu une page d’histoire que je lis, celle d’une époque de colonisation dans laquelle les gens enterrés ici ont été des acteurs, malgré eux. Mes grands-parents, mes parents, sont enterrés loin d’ici, dans un pays qu’ils n'ont pas choisi. Je vais rarement sur leurs tombes. Ils sont dans ma mémoire. Aujourd'hui à Oran je les revois vivants.

 

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  • Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

    On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.