Ilze de Lettonie (1948)

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Božs - prononcer Boch. Porter ce nom-là en 1948, année de son arrivée en France avec ses parents, n'était pas fait pour susciter la sympathie

 

« Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles » (Aragon)
Ilze Kuenzi a participé à mon Atelier d'écriture de l'année 2010, qui s'est déroulé dans le cadre de l'Université ouverte de Franche-Comté, à Besançon. Son nom a tout de suite chanté à mon oreille, sans que j'en devine les origines précises.
Un jour, j'ai demandé aux participants d'écrire sur leurs noms. Ilze a dit : « Mon institutrice m'appelait Yvette ». Lors de notre entretien, elle a déclaré tranquillement : « Mon institutrice m'a débaptisée ».
Cette « liberté » que s'était arrogée l'enseignante qui devait certainement avoir de bonnes intentions – mais l'on sait de quoi est pavé l'enfer - , j'en ai ressenti l'écho, sachant les dégâts à retardement que cela peut produire. Lors de la séance d'atelier, elle avait expliqué que c'était assez récemment qu'elle avait saisi la portée non anodine de cette action : appeler un enfant d'un nom autre que le sien.
Elle devait également me confier : « A la limite, ça m'arrangeait à l'époque. J'étais comme tout le monde! J'ai remarqué que les noms de famille 'bizarres ' ne choquent pas, ce sont les prénoms... »
Elle affirme cela Ilze mais son nom de famille, le nom de son père, n'est pas non plus passé inaperçu : Božs - prononcer Boch. Porter ce nom-là en 1948, année de son arrivée en France avec ses parents, n'était pas fait pour susciter la sympathie mais plutôt les quolibets de la part des enfants de son âge! « Par la suite, et encore aujourd'hui, je dis que mon nom de jeune fille est Boz »

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