Ilze de Lettonie (1948) - Douce France, pays d'accueil

Sommaire


Douce France, pays d'accueil :
Arrivés en France, les parents d'Ilze et elle-même ont d'abord connu des conditions très dures. Chez les fermiers où ses parents ont initialement travaillé, ils n'avaient droit à table qu'à deux prunes alors que le sol en était jonché. La petite fille qu'elle était n'a jamais vu la couleur de la barre de chocolat auquel les tickets de rationnement lui donnaient droit. Mais je laisse la parole à Ilze qui raconte :
« Mes parents et moi, en 1948, avons été envoyés dans une ferme à Nitry dans l'Yonne. Nous avions une malle, deux valises et l'équivalent de 15 euros. Les fermiers qui employaient mes parents nous ont traités comme des animaux. Nous logions dans une grange ouverte à tous les vents, les parents devaient travailler de 5 heures du matin à 10 heures du soir, nous mangions à la table de la ferme.
Mon père s'est rebiffé contre de telles conditions de vie; avec le peu d'allemand qu'il savait, il a réussi à contacter un inspecteur du travail à Tonnerre pour avoir l'autorisation de rompre le contrat. Entre-temps mes parents correspondaient avec d'autres Lettons de France qui les ont aidés à trouver un autre travail. Nous sommes donc arrivés à l'automne près d'Arc sous Cicon, dans le Haut Doubs.
Les employeurs étaient corrects mais nous étions très mal logés, dans une petite maison d'une seule pièce, sans isolation. Il y avait de la glace contre les murs en hiver. Nous y sommes restés un peu plus d'un an. C'est là que j'ai été scolarisée pour la première fois.
-Le français, je l'ai su c'est tout :
« J'allais à l'école d'Aubonne. Je ne savais pas un mot de français mais je n'ai aucun souvenir de l'avoir appris. Je l'ai su, c'est tout. J'ai tout de suite sauté une classe et j'ai eu par la suite une scolarité normale »

 

 

Partager cette page :
  • Europe de l'est : réfugiés Yézidis : témoignage video

    Témoignage d'une famille appartenant à une minorité religieuse très ancienne, les Yezidis, rejetée de partout.

  • L’Orient à l’Occident tressé

    Les propos qui vont suivre ne prétendent pas avoir “valeur universelle”. Cependant,  s’ils sont l’expression d’un parcours personnel, ils renvoient aussi à une génération.

  • C’est la vie ?

    C’est à l’age de douze ans qu’il a fui ce qui était encore appelé l’Union Sovietique. Il ne savait même pas qu’ils avaient fui leur pays, sa mère, son frère et lui.

  • Où apprendre les langues à Besançon ?

    "Quelles langues peut-on apprendre à Besançon ? Y compris le français ? Pour quel public ? jeune, adulte, senior ?
    Quel type de structure ? Associative ou institutionnelle ? Quand ? Où ? Comment ? A quelle heure ?"

  • Dimitri, originaire d’un pays de l’ex Union Soviétique

    Dimitri, originaire d’un pays de l’ex Union Soviétique,  est arrivé par hasard à Besançon, débarqué d’un camion par un passeur devant la préfecture, avec sa femme et sa petite fille de 2 ans, en novembre 2002.

  • Enseigner la langue : Abbé Chays en 1975

    Lors de l'assemblée générale de l'AATEM en 1975, l'Abbé Chays rappelle les efforts à faire pour l'enseignement des langues du pays d'origine et la responsabilité de l'Education Nationale et des parents.

  • Qu’est-ce qu’une personne bilingue ?

    Commençons par une évidence : les langues se pratiquent dans des situations sociales, la communication s’établit entre des personnes socialement situées.