Ilze de Lettonie (1948) - la langue native, refuge et transmission

Sommaire

la langue native, refuge et transmission :
Ilze parle le letton. Son père et sa mère l'ont toujours parlé en famille. Sa vie durant, la mère, qui comprenait et lisait le français, ne s'est exprimé qu'en letton avec sa fille.
Cette mère qui a pourtant entretenu des rapports complexes avec la Lettonie et qui n'a pas voulu y retourner.
L'arrachement à un pays, les conditions de l'exil des premières années ont sans doute oeuvré à renforcer un caractère peu aventurier. Elle avait peur de l'extérieur, de toute idée de déplacement, s'arrimant à la stabilité et faisant de la parole de son époux, une « parole sans réplique ». Une éducation protestante luthérienne, des habitudes culturelles strictes ont dû faire le reste - « Les Lettons ne sont pas démonstratifs. Ils n'ont pas de marques gestuelles d'affection, ne s'embrassent pas, ne se touchent pas. Pour elle, les Français étaient toujours en train de se lécher! Elle a toujours critiqué la culture française » - commente Ilze – .
On peut donc supposer que pour cette femme la langue lettone, sa langue, a été le seul espace qui lui soit resté de son pays natal, de son autre vie. Et cette attitude de repli/résistance dans la langue a peut-être aussi permis sa transmission de mère à fille.
-Au passage, je demande à Ilze ce qu'il en est de la relation à la langue lettone de ses propres enfants. Elle me répond que son fils aîné le comprend.

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