Apatride : clandestinité forcée - Autre situation de l'ex Union Soviétique, Anouch

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Autre situation de l’ex Union Soviétique, Anouch.


Née en Azerbaïdjan soviétique en 1951, appartenant à la communauté arménienne de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan, elle vivait avant les événements du Haut Karabach et l’indépendance dans un village peuplé d’Arméniens qui a été depuis rayé de la carte ou rebaptisé.
Elle a d’abord trouvé refuge en ville après l’assassinat de son époux et, suite aux persécutions, elle a fuit en Russie pour essayer d’obtenir une protection en qualité d’ex citoyenne de l’union soviétique.
Elle n’a jamais obtenu de droit au séjour ni de protection et on lui a retiré son passeport soviétique… Contrainte à vivre dans la clandestinité, à la merci du bon vouloir des autorités et de la corruption…
Elle est entrée en France clandestinement et a demandé l’asile après le parcours habituel.
L’OFPRA a reconnu qu’effectivement, elle était bien originaire d’Azerbaïdjan et a estimé son parcours vraisemblable, mais a mis en doute la position de la Russie à son égard…
La CNDA (juridiction de l’asile) a  émis des doutes sur ses origines et sa provenance….
Déboutée du droit d’asile, elle est sortie du CADA et a tenté un dossier de retour volontaire pour prouver sa bonne foi, en jouant le tout pour le tout.
Dans le cadre de la procédure, elle a été présentée aux autorités de la république d’Azerbaïdjan qui lui a remis après entretien un document précisant qu’une identification était en cours…
Le consulat d’Arménie après divers entretiens téléphoniques ne l’a pas reçue…estimant sans doute qu’elle ne relevait pas leur compétence.
La Russie également a été saisie mais à ce jour n’a toujours pas répondu….
Un dossier d’apatride est en cours d’instruction depuis plusieurs mois sans décision…
Elle a fait une demande au Préfet pour être admise au séjour à titre dérogatoire et humanitaire…si elle obtient un accord qui lui délivrera un passeport nécessaire à l’établissement d’un titre de séjour
En attendant,  elle vit sans ressource dans un dispositif d’hébergement d’urgence financé par l’Etat avec l’espoir de jours meilleurs et de pouvoir soulager ses souffrances.

Propos recueillis par Samuel Mesnier en novembre 2008

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