Déclaration de résidence et durcissement de la surveillance (1894)

En 1881, le nombre d'étrangers en France dépasse le million. La crise économique sévit en France et le chômage touche durement le classe ouvrière.

C'est alors qu'on commence ici ou là, à s'inquiéter du nombre croissant d'étrangers qui viennent "manger le pain des Français. Aussi apparaît-il nécessaire de renforcer le contrôle de leur mouvements.

 

Par conséquent, un décret du 2 octobre 1888 impose la déclaration de résidence aux étrangers résidant en France. Cette obligation est renforcée par la loi de 8 août 1893 « relative au séjour des étrangers en France et à la protection du travail national » qui institue un registre d’immatriculation des étrangers.

Un dispositif de surveillance se met en place comme le montre  le télégramme reproduit à la suite  :

Télégramme du 20 août 1894, émanant des services de la sûreté du ministère de l’Intérieur, signalant au préfet du Doubs l’arrivée d’un Wurtembourgeois à Besançon
Arch. dép. du Doubs, M 1096.

La loi de 1893 est indissociable de la poussée xénophobe qui touche la France. Gérard Noiriel  précise qu’elle avait pour but affirmé de gratifier l’étranger d’un état civil et de protéger les ouvriers français de la concurrence étrangère. Il ajoute, citant Janine Ponty, que pour la première fois une distinction est établie au sein de l’immigration entre travailleurs et non-travailleurs, et qu’il s’agit bien de la première étape dans la formation du « travailleur immigré » des temps modernes.

Extrait du livre "Etrangers de chez nous " d'Alain Gagnieux.

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