Une cité de transit: les Acacias - II.Des habitants, les acteurs de la cité

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II. Des habitants, les acteurs de la cité

« Les Acacias » abritent, à cette époque, 431 personnes réparties dans 120 logements. De multiples nationalités s'y côtoient; Français, Portugais, Algériens, Turcs, Marocains... forment un ensemble hétérogène et se mêlent dans les défis à relever au sein de la cité. Ici, la plupart des jeunes adultes en âge de travailler se heurtent à des problèmes d'insertion professionnelle explique Valérie Barre(3). D'ailleurs la majorité d'entre eux reçoivent le Revenu Minimum d'Insertion(4) (R.M.I.) ou bénéficient de Contrats Emploi-Solidarité(5) (C.E.S.) face aux manques d'emplois ou d'expérience professionnelle. La précarité de l'emploi se fait aussi sentir pour les plus âgés et plus de la moité des locataires de la cité sont des allocataires sociaux. Face au chômage et au faible niveau de vie une antenne du Centre Communal d'Action Sociale de Besançon (C.C.A.S.) prend place dans la cité sous le nom de Centre en Économie Sociale et Familiale (C.E.S.F.) et a pour fonction de rompre l'isolement et l'immobilité des familles installées dans la cité.
Ainsi doté d'un organisme d'intervention sociale, les habitants se trouvent en face d'un interlocuteur qui peut intervenir dans la régie des bâtiments, l'accueil des nouveaux arrivants, la prise en compte de problèmes administratifs, etc. Les principales difficultés rencontrées, les colères aussi sont exprimées au cours de discussions, d'ateliers qui rendent visible le quotidien des habitants aux yeux de la municipalité. Malgré tout, en ce milieu des années 1990, la cité ne forme toujours pas une synergie avec l'ensemble de la ville.

Construite pour faciliter le relogement des familles auparavant installées dans les bidonvilles de Besançon, les cité de transit telle que « Les Acacias », font bientôt face à la pénurie de logement au sein de la ville: « ces nouvelles structures devaient permettre [aux familles] d'accéder aux logements « normatifs » et, de fait, à une meilleure qualité de vie mais, surtout, en intégrant la ville, elles devaient leur permettre d'accéder à l'anonymat que peut procurer l'espace urbain »(6).
Enclavée et isolée, la cité des Acacias n'assure plus la mobilité de ses habitants et devient une structure permanente. Elle n'est pas en marge du paysage urbain(7) de Besançon mais en reste un territoire parallèle où s'expriment des mesures d'exception. L'implantation même du C.C.A.S. dans la cité peut en être une illustration; les habitants évoluent de ce fait quasiment exclusivement dans l'espace de la cité selon l'analyse de Valérie Barre. Les aides sociales viennent alors combler un déficit là où elles auraient dû être un moyen de transformer la situation des habitants de la cité: « malgré la volonté des politiques de logement social, les efforts des travailleurs sociaux, l'évolution des politiques sociales, cet espace est replié sur lui-même, écarté de la vie urbaine et la majorité des locataires est marginalisée »(8). Aussi, le passage de la cité « Les Acacias » du statut de « cité de transit » au parc H.L.M. permettra-t-elle sans doute de renouveler l'étude du quartier sous un autre jour.

Contribution de Clarisse Cathy, Diplômée du Master 2 en Histoire contemporaine et licenciée de Philosophie, Université de Besançon.

(3) Valérie Barre, « La cité de transit; un lieu non-urbain », op. cit., p. 135.

(4) Le R.M.I. correspond aujourd'hui au R.S.A.; Revenu de Solidarité Active.

(5) Le C.E.S. est supprimé en 2005, date à laquelle est alors créé le C.A.E.; Contrat d'Accompagnement dans l'Emploi.

(6) Valérie Barre, « La cité de transit; un lieu non-urbain », op. cit., p. 142.

(7) Valérie Barre, « La cité de transit; un lieu non-urbain », op. cit., p. 143.

(8) Valérie Barre, « La cité de transit; un lieu non-urbain », op. cit., p. 144.

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