Cité Amitié 1977-1983 : Madjid MADOUCHE - Prise de fonctions à Amitié

Sommaire

Prise de fonctions à Amitié
J’ai été engagé par l’AATEM et j’ai pris mes fonctions le premier février 1977.
En 1974, alors que j’assurais la direction des cinémas Vauban et Vox de Besançon,  j’avais eu la chance de rencontrer Mr Henri HUOT, Adjoint aux affaires sociales de Besançon et membre du conseil d’administration de l’AATEM, dans le cadre d’un travail en vue de rendre les cinémas accessibles aux personnes âgées. C’est cette rencontre qui m’a permis d’obtenir ce poste.
J’ai pris mes fonctions dans la cité Amitié une fin de journée du début du mois de février 1977. Il devait être 19 heures, il faisait déjà nuit dans cette sombre cité. Le gestionnaire, directeur du Centre Nord Africain et des cités de transit, après m’avoir expliqué les grandes difficultés qu’il avait à dialoguer avec les représentants des habitants de la cité de l’Amitié m’a déposé juste à  l’entrée de la cité, me montrant du doigt un groupe d’hommes réunis au bas de  l’Amitié 2  et m’a dit   :
« Vous voyez là-bas, le barbu au milieu d'un groupe de personnes, c’est le meneur» et il m’invita à sortir de son véhicule.
Complètement sidéré par cette introduction brève et douteuse et n'étant pas du genre à reculer devant les difficultés, j'ai quitté le véhicule fourgon bleu qui, aussitôt la porte refermée, est reparti. Sans me poser la moindre question mais avec néanmoins une certaine appréhension, je me suis dirigé vers le groupe.
Nous nous sommes salués, présentés et les habitants m'ont raconté la situation et l’état de la cité. Au cours de l'année 1976, la cité Amitié venait de vivre des événements dramatiques : deux personnes d'Amitié 1 étaient mortes, l'une par meurtre, abattu dans le foyer de plusieurs balles de revolver et l'autre défenestrée du huitième étage. Ils m’ont expliqué les problèmes qui avaient entraîné la crise existante.
Nous avons poursuivi nos échanges dans le foyer que le concierge nous a ouvert jusque tard dans la nuit. Au bout de quelques heures d'échanges, nous avons pu, dans un esprit serein et en confiance, poser quelques grandes orientations d'actions d'animations culturelles et sportives en direction des jeunes de la cité que les personnes présentes considéraient comme prioritaires. C’est la méthode que nous avons privilégiée pour redonner un peu de vie aux habitants de la cité.
A la suite de nombreuses réunions avec les habitants de la cité Amitié, nous avons défini plusieurs orientations et je dis « nous» parce que tout était décidé avec les habitants. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons mis en place des projets de ciné-club suivis de débat, un lieu de rencontres avec buvette dans la première salle du foyer après sa remise en état, une programmation de fêtes de fin d'année, des sorties découvertes dans la région et des activités sportives. Le foyer a été ré-ouvert tous les jours pour accueillir les jeunes en journée les jours de vacances et en soirée pour les adultes.

Partager cette page :
  • L’Orient à l’Occident tressé

    Les propos qui vont suivre ne prétendent pas avoir “valeur universelle”. Cependant,  s’ils sont l’expression d’un parcours personnel, ils renvoient aussi à une génération.

  • Etre un français d’origine algérienne en France

    Cette double culture, c'est une richesse, avant je le vivais comme un fardeau

  • La maison de l'être

    Né en Algérie, à Bouira, dans une famille kabyle, l'univers linguistique de Farid Ammar Khodja, 55 ans est constitué par le berbère, le français, l'arabe et, pour des raisons plus strictement universitaires, l'anglais.

  • Où apprendre les langues à Besançon ?

    "Quelles langues peut-on apprendre à Besançon ? Y compris le français ? Pour quel public ? jeune, adulte, senior ?
    Quel type de structure ? Associative ou institutionnelle ? Quand ? Où ? Comment ? A quelle heure ?"

  • ACCRORAP, danse

    Depuis sa création en 1989, la compagnie ACCRORAP, avec son chorégraphe Kader Attou, sillonne le monde, en Inde, à Alger, Venise ou Cuba et s'inspire de cet Ailleurs, empruntant ses danses.

  • Créer des passerelles entre les cultures sur un socle commun

    Aujourd’hui, à l’Espace – c’est un détail idiot, mais il faut quand même le savoir –, nous ne faisons quasiment pas de publicité, nous n’imprimons même pas d’affiches pour tous les spectacles

  • L’abbé Chays : un trait lumineux dans l’histoire sociale de Besançon

    « Je pensais à bon droit et à juste titre que le droit à la vie passait avant le droit à la propriété et que le droit de propriété devait se mettre au service du droit à la vie »,