Cité Amitié 1977-1983 : Madjid MADOUCHE - Action - participation

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Action - participation
Bien que je n’aie jamais été formé pour ce travail social, il s’ensuivit la création, avec les jeunes et les adultes, de plusieurs projets et actions très enrichissantes ; Les projets se sont concrétisés progressivement grâce aux habitants, parents et jeunes qui ont très vite compris mes missions ainsi que la méthode « d’action participative » que je souhaitais favoriser. Il y avait d’énormes richesses dans cette cité, des gens merveilleux qui m’ont apporté beaucoup et pour lesquels j’aurais tout donné, du coup mon investissement était d’autant plus important.
A la suite de sérieux et violents conflits avec leurs parents, certain jeunes se rappellent encore avoir mangé et dormi chez moi, au sein de ma famille et comme ils disent, pour souligner l’importance qu’ils accordent à ce geste, « j’ai dormi à côté de tes enfants ».  De fait il m’est arrivé de rentrer en  conflit avec certains parents qui considéraient que je n’étais pas assez sévère et que je surprotégeais leurs progénitures contre leur gré ; mais les situations étaient quelques fois dramatiques, je me rappelle avoir retiré de la main d’un jeune en crise âgé de 16 ans, un cran d’arrêt qu’il brandissait face à son père et avoir arraché un jeune garçon de 12 ans aux coups incontrôlés de son père. La plupart des situations auraient pu se terminer mal mais et il fallait réagir rapidement pour désamorcer ces conflits.
Je me rappelle aussi la confusion de ce père de famille  âgé de 45 ans, aimé de tous dans la cité qui, en  larmes, me confiait sa douleur, celle de ne pas réussir à se faire aimer et respecter par son garçon âgé de 12 ans et pour lequel il considérait avoir tout fait.
Il y avait plusieurs cas de foyers conflictuels, complexes et dans l’ignorance des lois. Je répondais, dans la mesure du possible, à toutes les demandes urgentes des habitants mais en m’appuyant le plus souvent sur les travailleurs sociaux du quartier, bien évidemment.

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