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Le catholicisme en France

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Beaucoup de gens, et pas seulement les étrangers ou les Français issus des immigrations récentes et de culture non-chrétienne, ont du mal à « situer » la France aujourd’hui sur le plan religieux : pays chrétien ? Laïque ? Incroyant ? En voie de mutation religieuse ?

Nous répondrons à cette question en conclusion , et la réponse sera complexe, mais il existe une réalité historique certaine : la France a été pendant 13 siècles environ (VIIè-XXè s.) un pays extrêmement chrétien, précisons : malgré la présence depuis le XVIème siècle d’une minorité protestante, un pays extrêmement catholique, et c’est particulièrement  vrai pour la Franche-Comté. Cela, il faut le savoir pour comprendre la France d’aujourd’hui.

 

LA CHRISTIANISATION DE LA GAULE

1) Le christianisme, c’est-à-dire la croyance que Jésus, juif de Palestine, ayant réellement vécu vers 0 à + 30, était le fils de Dieu venu mourir sur la croix pour racheter les péchés des hommes, est à l’origine une religion moyen-orientale. Elle gagna peu à peu tout l’Empire romain. L’empereur Constantin se convertit en 312. L’empereur Théodose interdit le paganisme en 392.

Précisons que le mot « Christ » signifie en grec « oint », cad  consacré (par Dieu), et que le mot « catholique » signifie en grec « universel ». Le mot « chrétien » (disciple du Christ) et le mot « catholique » ont été longtemps utilisés indifféremment. Depuis la scission des protestants au XVIè siècle, le mot « catholique » a un sens plus restreint ; il désigne les chrétiens restés fidèles au pape de Rome et aux évêques.

2) Pays polythéiste où les dieux gaulois avaient été intégrés au panthéon romain, la Gaule a mis plusieurs siècles à se christianiser, villes d’abord, campagnes ensuite. La présence chrétienne est attestée en 177 à Vienne et Lyon. Des conciles (réunions d’évêques) se tiennent à partir de 314. Le premier évêque bisontin connu, Pancharius, est attesté en 346 ; les récits bisontins concernant les martyrs Ferréol et Ferjeux, censés être morts en 212, sont des fictions inventées vers 500. Le roi franc Clovis se fait baptiser en 500. Saint Martin vers 380, Colomban vers 600 sont des acteurs majeurs de cette christianisation, dont les spécialistes s’accordent à dire qu’elle est achevée vers l’an 700.

3) Un dense réseau de monastères et d’églises paroissiales fut installé aux VIè-Xè siècles. Monastères des bénédictins (Ordre de Cluny, puis Cisterciens) ou, plus tard,  des ordres dits mendiants (Franciscains, Dominicains). Eglises dans villes et villages, où la paroisse, surtout à la campagne, devient une unité de vie essentielle, autour de l’église et du cimetière. Elle se confond presque toujours avec le village (plus tard la commune). La christianisation se lit dans les noms de villages et de villes, qui se fixent au Moyen-Age. Sur 36 170 communes existant vers 1900, 4 450 portaient des noms de saints, et ce chiffre n’a pas changé. Le recordman est Saint Martin (250), devant Saint Jean (180), Saint Pierre (163), Saint Germain (130).

 

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