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Les juifs de France

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Les Juifs occupent une place importante dans l'histoire de la nation française. Au-delà des enjeux géopolitiques tournant autour du conflit israélo-arabe, il est nécessaire que les Français ou étrangers issus des immigrations récentes connaissent bien cette place.

Il existe de vieux liens entre la France et ses Juifs, comme entre la France et ses Italiens, et comme il existe des liens plus récents entre la France et ses Polonais, ses Portugais, ses Arabes. Dans tous ces cas, les liens sont devenus ou deviennent consubstantiels, ceux des Juifs étant plus anciens, et plus forts à cause de la Shoah.

Qu'est-ce qu'être juif ? Plusieurs mots proches doivent en être distingués. Hébreu désigne soit la langue parlée en Israël (parler hébreu ; l'alphabet hébraïque), soit les tribus juives des temps antiques (les Hébreux). Israélien est un terme politique, qui désigne la citoyenneté d'un Etat : Israël. Israélite, terme qui désignait vers 1800-1945 les Français de confession ou de tradition judaïque, n'est pratiquement plus utilisé. Sioniste désigne, avant 1948, les partisans (juifs ou pas) de la naissance de l'Etat d'Israël. Depuis lors il a gardé ce sens (partisan de l'existence de l'Etat d'Israël), mais il en a pris dans la polémique un autre : partisan d'un soutien inconditionnel à la politique de l'Etat d'Israël. Sémite désigne un groupe ethno-linguistique, auquel appartiennent tant les Arabes que les Juifs (on parle de langues sémitiques). Ce sens scientifique demeure. Mais on sait que le mot a fini, dans la polémique, par ne désigner que les Juifs, et ceux qui les détestent (les antisémites).
Le mot «Juif » recouvre un peu toutes ces significations, sans se confondre totalement avec aucune. Désigne-t-il une race ? Non. Il n'y a pas plus de race juive que de race française, et les stéréotypes physiques antisémites souffrent d'énormément d'exceptions. Est-ce une religion ? La religion judaïque, ou hébraïque, ou juive, existe certes, vivante et pratiquée par beaucoup. Mais beaucoup d'autres Juifs français sont parfaitement incroyants, ou non-pratiquants. Est-ce une culture ? C'est-à-dire un mélange de traditions linguistiques (quelques mots de yiddish, ou de ladino), culinaires, musicales, littéraires, avec une pratique séculaire de l'humour ? Certainement oui. Est-ce la conscience d'une histoire commune, à la fois glorieuse et tragique ? Oui aussi. « Ce qui nous faisait Juifs, c'était l'ombre portée de la Shoah » (Nicole Lapierre). Certains, comme Thierry Lévy, ont proposé une définition totalement subjective : « être juif, c'est être considéré comme tel, ou encore se sentir juif ».

Une chose est sûre : pas plus que quand il s'agit des Musulmans ou des Arabes, on ne peut considérer les Juifs comme un bloc homogène. Il y a toujours eu, et c'est encore le cas, de multiples manières d'être (ou de ne pas avoir envie d'être) juif, et de multiples manières de mêler sa judéité à d'autres identités (nationale - française en France -, politique, idéologique, sociale, sexuelle...).

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