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La laïcité en Turquie

Elle a été imposée en Turquie par Mustapha Kemal, au pouvoir de 1922 à 1938.


Mustapha Kemal a

- sauvé son pays de l’éclatement total en 1920-1923
- renversé le sultan et proclamé la République
- voulu moderniser l’Etat, la société, l’islam, ce dernier étant pour les deux premiers un carcan paralysant.

 

* La laïcisation fut un viol, avec consentement des élites modernes, et résignation forcée d’un peuple choqué, réprimé, admiratif quand même à cause du prestige acquis par Kemal en 1920-23.
Furent bouleversés    l’habillement (chapeau imposé à la place du fez)
l’alphabet (de l’alphabet arabe à l’alphabet latin)
le calendrier (du calendrier musulman au grégorien)
le système scolaire (laïcisé)
le code civil.
La religion fut étroitement soumise à l’Etat. Les imams sont des fonctionnaires payés.

* Après la mort de Mustapha Kemal (dit Ataturk) se sont affrontées, en gros :
- une gauche kémaliste laïque soutenue par l’armée, l’Université
- une droite conservatrice et cléricale.
* La religion a repris une place plus visible dans la société dès les années 50, et plus encore après 1980 (nombreuses mosquées construites, écoles religieuses, appels des muezzins, foulard des femmes…).
L’islamisme politique s’est développé, au point que le parti AKP gagne les élections de 2002 avec Tayyip Erdogan, contre des partis discrédités par la corruption. Les islamistes turcs dirigent le pays depuis 6 ans.

* Il y a débat sur la vraie nature de l’AKP
- lui-même affirme être un conservateur modéré. Erdogan demande avec une vraie conviction à entrer dans l’Union européenne. Il ne ressemble vraiment pas du tout à Ben Laden.
- une partie des kémalistes affirment qu’Erdogan est un loup déguisé en agneau et demandent l’interdiction de l’AKP. Ce serait une erreur.
* Les immigrés turcs d’Europe viennent pour la plupart de régions rurales traditionnalistes et pratiquent un islam conservateur.
Exception : les alévis. Ils sont 20% de la population turque, 15 millions sur 75. Il s’agit d’une secte chiite attachée à la laïcité kémaliste, de sensibilité social-démocrate. Ils sont peut-être 100 000 en France.

 

Il est connu qu’Atatürk fut un grand laïcisateur. Les Turcs se réclament toujours de son prestigieux patronage. En même temps, on sait que l’actuelle majorité politique turque est islamiste (l’AKP de Recep Tayyip Erdogan). Alors on s’interroge sur la nature de cette laïcité turque. On va donner ici quelques éléments de réponse.

1)LES BASES ANCIENNES

a) l’islam est la religion des Turcs avant même qu’ils créent, au XIV° siècle environ, l’empire ottoman. Il y a des Arabes chrétiens , parce qu’ils l’étaient avant l’islam. Il n’y a pas de Turcs chrétiens (avant de s’islamiser, ils étaient probablement animistes, chamanistes).
Le sultan ottoman, le Grand Turc, était aussi le calife des croyants, le chef théorique de tous les musulmans sunnites du monde. Il dominait La Mecque.

b) 1918-1923 : le grand choc. Effondrement et renaissance.
Après deux siècles de décadence (perte lente des Balkans, du Nord de l’Afrique), l’Empire ottoman touche le fond en 1918. Allié de Berlin et Vienne, il est vaincu avec eux, et doit signer un traité qui achève de le réduire, le traité de Sèvres (des états grecs, arménien, kurde sont prévus en Anatolie).
Un général, Mustapha Kemal, provoque un sursaut national désespéré. Il renverse le sultan en 1922, bat l’armée grecque, amène les troupes occidentales à se retirer, proclame la République en 1923.
Dès lors, son prestige est immense : il a réellement sauvé la Turquie. IL EST LE DE GAULLE TURC. Il peut tout , et il va le faire.


2) ATATURK

a) L’homme : il est un officier progressiste, né en 1881. Nationaliste admirateur de l’Occident. Pour lui, l’islam est responsable de la décadence turque. Il faut moderniser l’Etat et moderniser l’islam dans l’Etat.
A titre personnel, Mustapha Kemal avait une vie très libre. C’était un séducteur, et il buvait volontiers (il est mort d’une cirrhose du foie).

b) La laïcisation de la Turquie est une violence faite aux Turcs.
Une rafale de mesures incroyablement attentatoires aux traditions

1924 : abolition du califat, fin des tribunaux religieux et des écoles religieuses (medressés), création d’un Directorat des Affaires religieuses rattaché au Premier ministre, qui nomme et salarie les 70 000 imams actuels, et supervise les « écoles de prédicateurs ».  Turquification des sermons (jusque là faits en arabe).
1925 : interdiction du port du fez (=appelé tarbouche chez les turcs)
Interdiction des confréries musulmanes (d’où révolte au Kurdistan de la principale confrérie, les Nakshibendis)
1926 Code civil (d’où interdiction de la polygamie, mariage civil, liberté religieuse).
Adoption du calendrier grégorien à la place du calendrier musulman, avec le dimanche comme jour de repos.
1928 adoption de l’alphabet latin à la place de l’alphabet arabe.
1930 Les femmes peuvent voter aux élections locales (1934 : droit de vote à toutes les élections)
1934 Plan quinquennal.
Le Parti républicain du peuple est de fait un parti unique.
Ataturk meurt en 1938.
Outre d’en être le de Gaulle, il  a donc été le Pierre le Grand, le petit père Combes, le Staline et le Mussolini de son peuple. Présence écrasante !


3) LE RETOUR DU REFOULE

a)    Dès les années 1950-1960, le parti Démocrate (opposé au PRP kémaliste) dirigé par Mendérès, parvenu au pouvoir, prend des mesures de conciliation, qui sont des concessions aux milieux religieux :
– le muezzin peut à nouveau crier en arabe
– les femmes voilées osent à nouveau sortir des maisons. La polygamie est à nouveau tolérée.
– Les mosquées poussent comme des champignons
– l’enseignement religieux est introduit dans les écoles publiques (catéchisme coranique).

b) 1960 : coup d’état « laïc » de l’armée, contre Mendérès, avec l’appui des élites et de l’Université.

Il faut être intellectuellement honnête, et écouter Jean-Paul Burdy et Jean Marcou : « force est de constater qu’au cours du 20ème siècle, la laïcité en Turquie a le plus souvent été imposée ou rétablie par la force et par l’intervention répétée de l’armée (en 1913, 1923-24, 1971, 1980), alors que les avancées de la démocratie représentative se sont plutôt traduites par un retour de la tradition religieuse (en 1950 et 1983 notamment). On peut à cet égard relever que l’histoire de la laïcité française est inverse ».

c)    la lente montée des islamistes
* Ils ont fondé vers 1970 le Refah partisi (parti de la prospérité) dirigé par Necmettin Erbakan, qui participe au gouvernement vers 1973-77, et qui le dirige même en 1995-96 avant d’être poussé dehors par l’armée. Le Refah est dissous par la Cour constitutionnelle.
En 1997, le gouvernement laïc interdit le port du foulard à l’Université.

* En 2002, l’AKP (Parti de la Justice et du Développement), qui a succédé au Refah, gagne les élections. Recep Tayyip Erdogan, ancien maire d’Istamboul, devient chef du gouvernement.


4) QUE PENSER DE L’AKP ?


a)Erdogan  se présente comme un démocrate conservateur, un modéré. Il a présenté avec conviction la candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union européenne.  Il compare souvent son parti au MRP français ou à la CDU allemande : il y a des démocrates-chrétiens, pourquoi n’y aurait-il pas des démocrates-musulmans ?
Il est soutenu par les régions rurales les plus conservatrices, l’Anatolie profonde (celle d’où viennent les immigrés turcs d’Europe), mais aussi par les banlieues déshéritées d’Istamboul (peuplées de ruraux migrants) et, ce qui est nouveau, par une partie des classes moyennes instruites.

b)    Certains analystes (comme Nilüfer Göle, qui écrit parfois dans « Le Monde ») pensent qu’Erdogan est sincère, et qu’il ne faut pas le diaboliser.
D’autres pensent que c’est un loup déguisé en agneau, dénoncent le fait que sa femme porte le foulard en public et que le port du foulard est maintenant accepté à l’Université.
c)    C’est un fait qu’il y a en Turquie comme dans l’ensemble du monde musulman une réaffirmation publique de la conviction islamique. Le succès de l’AKP est une conséquence plus qu’une cause de ce phénomène.

717 lycées « imam et prédicateur » concurrencent les 1100 lycées d’Etat. Il y a 5 000 écoles coraniques florissantes. Sultanbeyli, ville de la banlieue populeuse d’Istamboul, a 94 mosquées.
La situation turque est réellement complexe, et on ne peut la simplifier à l’excès . Les différences sociales sont considérables, et ont longtemps recoupé les options laïques ou cléricales : le peuple clérical, les élites modernisées kémalistes.
Ce n’est plus vrai : dans les rues turques, on voit toutes les allures, tous les habillements féminins, d’une quasi burkha noire au jean avec nombril apparent, en passant par le foulard gris sur imper gris, tenue triste et fréquente, mais qui n’est pas le tchador. Et il y a pas mal de femmes à l’Université qui portent le foulard (pas le voile) et se veulent modernes.
Il existe une extrême-droite religieuse, il y a eu des attentats, des assassinats d’intellectuels kémalistes ou arméniens ou kurdes, mais cette tendance représente moins de 5%.

Cela dit, les kémalistes sont inquiets, et une récente manifestation a rassemblé 300 000 personnes à Ankara pour défendre la laïcité. Certains kémalistes durs demandent même l’interdiction de l’AKP, mais ce point ne fait pas du tout l’unanimité à gauche

d)    Les immigrés turcs en France sont massivement issus des classes populaires, soit rurales soit urbaines. Ils sont massivement pratiquants traditionnalistes, d’autant plus attachés aux coutumes qu’ils craignent que la turcité disparaisse chez leurs enfants éduqués ici.

e) l’islam turc est donc conservateur ; très surveillé par l’Etat. La tradition turque n’est pas la séparation, mais l’Etat surveillant de près, chapeautant la religion : ce qu’on appelle le césaro-papisme.

LES ALEVIS

Il s’agit d’une minorité musulmane chiite très originale, liée au mouvement bektashi (auquel appartiennent les derviches tourneurs), de convictions démocratiques profondes, très attachée à l’égalité entre les sexes, très liée au kémalisme.
Les alévis vénèrent la mémoire d’Ali, cousin et gendre du prophète, et vivent dans l’attente messianique du retour du douzième imam. Ils mêlent une mystique inspirée du soufisme et un radical égalitarisme social. Les islamistes les détestent, ce qui les rend sympathiques en Occident.
Ils sont environ 15 millions sur 75. Ils affirment être 100 000 en France parmi les immigrés turcs.




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Grands traits des migrations portugaises en France.

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La laïcité en Turquie

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Les Juifs occupent une place importante dans l'histoire de la nation française. Au-delà des enjeux géopolitiques tournant autour du conflit israélo-arabe, il est nécessaire que les Français ou étrangers issus des immigrations récentes connaissent bien cette place.

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Le Libéria, petit pays d’Afrique de l’ouest, entre la Sierra Léone, la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire a une histoire originale.

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Note historique : L’AOF et l’AEF

Trois grands faits ou phénomènes actuels nous invitent à mieux connaître le passé colonial de l’Afrique noire ex-française, un passé qui les explique en grande partie :

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Dans un monde marqué par les migrations, le terme d'« étranger » doit être défini précisément afin d'éviter toute incompréhension ou tout amalgame.

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La Convention de Schengen (du nom du village luxembourgeois où elle a été signée en 1985) a permis la création d'un espace, composé par les territoires des États signataires, à l'intérieur duquel est possible la libre circulation.

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Qu’est ce que la discrimination ?

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La nationalité est un concept plus récent qu’on ne le croit souvent. Le mot n’apparaît qu’au début du XIXe siècle.

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Qu’est-ce que l’acculturation ?

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Qu’est-ce que l’insertion ?

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Qu’est-ce que l’intégration ?

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Qu’est-ce que l’Ofpra ?

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Qu’est-ce qu’être Français par acquisition ?

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Qu’est-ce qu’un bidonville ?

Un bidonville est un habitat précaire. On ignore l’origine exacte de ce terme. Certains affirment que les habitants récupéraient des bidons pour confectionner leurs abris-maisons.

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Qu’est-ce qu’un immigré ?

D’une certaine façon, il est extrêmement simple de définir ce terme : un immigré est un migrant (personne se déplaçant d’un pays à l’autre pour tenter de s’y établir) considéré du point de vue du pays d’accueil, dans lequel il entre, donc dans lequel il immigre.

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Qu’est-ce qu’un migrant ?

Un migrant est une personne qui se déplace entre son pays et des pays étrangers, ou qui rentre dans son pays depuis l’étranger. Les raisons de la migration peuvent être diverses.

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Qu’est-ce qu’un réfugié ?

« Un réfugié est une personne qui, ‘‘ craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ’’. (Convention de 1951 relative au statut des réfugiés).

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