Les pieds noirs d'Algérie en quelques lignes

On appelle pieds-noirs les Européens venus s’installer en Afrique française du nord (AFN : Maroc, Algérie,Tunisie) au temps de la colonisation, notamment les Européens d’Algérie.

L’Algérie, conquise par les Français en 1830-1845, fut une terre française jusqu’en 1962. Mais très peu de Musulmans eurent la pleine citoyenneté, alors que les Européens en jouissaient tous.
Le flux migratoire venu d’Europe (France, Espagne, Italie, Malte) fut important, si bien qu’en 1960, l’Algérie comptait 1 million de pieds-noirs, à côté de 9,5 millions d’Algériens musulmans.
Ce « peuple pied-noir » était constitué de colons proprement dits (10% de cultivateurs), et d’une masse de salariés du secondaire et du tertiaire (75%), le reste étant constitué de petits commerçants et patrons. Ils  ont vécu jusqu’en 1954 des jours plutôt heureux, dont les anciens ont la nostalgie.
Les rapports avec les Musulmans pouvaient être assez bons, voire chaleureux. Il n’y eut jamais d’apartheid (stades, écoles, transports…). Mais il n’y eut pas de mélange des deux communautés. Et le pouvoir politique et social était du côté européen. En 1954, 75 médecins musulmans pour 1400 européens.
En 1954, le FLN (Front de libération nationale, indépendantistes algériens musulmans) lança une insurrection. La guerre dura 8 ans. Elle fut militairement gagnée, mais politiquement perdue,  par les Français, si bien que de Gaulle négocia avec le FLN, et concéda l’indépendance en 1962.
Les pieds-noirs, refusant l’indépendance et craignant pour leur sécurité, fuirent en masse le pays durant le dramatique été 62.
Devenus en France les « rapatriés d’Algérie », ils ont surmonté de grosses difficultés matérielles et morales (beaucoup ont presque tout perdu ; ils ont été assez mal accueillis au début par les métropolitains), et se sont finalement intégrés activement à la population de métropole. La blessure de l’exil reste forte chez les plus âgés.

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